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L'immigration canadienne va limiter la population de résidents temporaires au cours des trois prochaines années
22 mars 2024
Canada Immigration

L'immigration canadienne va limiter la population de résidents temporaires au cours des trois prochaines années

Les résidents temporaires au Canada commencent à voir les portes se fermer

Jusqu’à maintenant, les niveaux de résidents temporaires n’étaient pas pris en compte dans le Plan des niveaux d’immigration du Canada, mais le ministre fédéral de l’Immigration a souligné que ces cibles ne devaient pas être interprétées comme des plafonds stricts. Il a toutefois précisé que des restrictions pourraient être imposées dans certains domaines gérés par IRCC.

Jusqu’à ce jour, aucune cible ni limite n’avait été fixée pour les permis délivrés par l’entremise de programmes tels que le Programme des travailleurs étrangers temporaires (PTET), le Programme de mobilité internationale (PMI), les mutations intrasociétés ou les accords commerciaux comme l’Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM).

Cependant, un plafond a été annoncé plus tôt cette année quant au nombre de demandes de permis d’études pour étudiants internationaux qu’IRCC traitera.

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Marc Miller a affirmé qu’inclure les résidents temporaires dans le Plan des niveaux d’immigration aidera le pays à mieux gérer la croissance démographique. Il a également reconnu que le Canada dépendait de manière excessive des travailleurs étrangers temporaires.

« Récemment, le nombre de résidents temporaires au Canada a augmenté de façon significative, atteignant 2,5 millions de personnes, soit 6,2 % de notre population en 2023 », a déclaré Miller. « Par conséquent, dans notre plan des niveaux, nous inclurons une cible visant à réduire notre population de résidents temporaires à 5 % au cours des 3 prochaines années. »

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Dans son allocution, Marc Miller a dressé la répartition des résidents temporaires au Canada comme suit :

  • 42 % sont des étudiants internationaux;
  • 9 % sont des conjoints d’étudiants;
  • 26 % sont titulaires d’un permis de travail postdiplôme (PTPD);
  • 9 % sont des travailleurs étrangers dans le cadre du Programme des travailleurs étrangers temporaires, dont les employeurs ont obtenu une Étude d’impact sur le marché du travail (EIMT) pour la première fois afin de les embaucher;
  • 10 % participent à des programmes réciproques d’échange jeunesse, comme le programme Vacances-Travail (PVT);
  • 26 % sont admis dans le cadre de programmes humanitaires spéciaux pour les Ukrainiens, les Iraniens, les Turcs et d’autres;
  • 17 % sont engagés dans des transferts intrasociétés, des accords commerciaux et d’autres programmes de permis de travail spécialisés;
  • 12 % sont des conjoints de travailleurs qualifiés; et 5 % sont des demandeurs d’asile.

Quelles portes se ferment pour les résidents temporaires au Canada

Tant M. Miller que M. Boissonnault n’ont pas précisé dans leurs discours quels programmes spécifiques feraient l’objet de réductions.

Cependant, le 22 janvier 2024, le ministre Miller a annoncé que le Canada réduirait de 35 % le nombre de permis d’études approuvés à compter de cette année.

De plus, il a déclaré que seuls les conjoints ou partenaires légaux d’étudiants internationaux inscrits à des programmes de maîtrise ou de doctorat / cycles supérieurs seraient admissibles au permis de travail ouvert pour conjoint.

Cette modification est déjà en vigueur. On prévoit que ces ajustements réduiront considérablement le nombre de résidents temporaires au Canada, ainsi que le bassin futur de détenteurs de permis de travail postdiplôme, de conjoints d’étudiants et, à terme, de conjoints de travailleurs.

L’impact exact sur le nombre de résidents temporaires au Canada et sur les catégories touchées dépendra en partie des provinces, responsables de l’attribution des places pour étudiants internationaux dans leurs établissements d’enseignement postsecondaire.

De plus, le ministre Boissonnault a annoncé qu’à compter du 1er mai 2024, les changements suivants seraient mis en œuvre dans le cadre du programme de l’EIMT :

  • Les nouvelles EIMT seront valides pendant six mois, comparativement à 12 mois auparavant;
  • La plupart des employeurs relevant du volet à bas salaire, à l’exception des secteurs de la construction et des soins de santé, verront la proportion maximale de leur main-d’œuvre pouvant être embauchée par le biais d’EIMT passer de 30 % à 20 %;
  • Les employeurs devront explorer toutes les options avant de demander une EIMT, y compris le recrutement de demandeurs d’asile détenant un permis de travail valide au Canada.

Un autre facteur déterminant dans la baisse des chiffres sera sans doute la fin du programme de l’Autorisation de voyage d’urgence Canada-Ukraine (AVUCU). Au 27 février 2024, cette initiative avait permis à 248 726 citoyens ukrainiens d’entrer au Canada, dont un grand nombre a obtenu un permis de travail. L’achèvement de ce programme devrait réduire sensiblement l’afflux de nouveaux résidents temporaires au Canada.

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Dans la vidéo suivante, vous pouvez comprendre comment l’arrivée de demandeurs d’asile a un impact sur la province de Québec.

Il n’est pas encore clair de quels programmes proviendront les coupes additionnelles. Une partie de la difficulté à prévoir la suite réside dans le virage radical du discours gouvernemental, passant d’une « pénurie structurelle de main-d’œuvre » et d’une « croissance économique par l’augmentation de la population » à une rhétorique de « surplus de population ».

Par exemple, IRCC a récemment assoupli les critères d’admissibilité pour le programme francophone. Vont-ils maintenant revenir sur ces changements dont les retombées venaient à peine d’être mises en avant ?

Les travailleurs étrangers de la construction et de la santé exemptés de la nouvelle politique

Même si le Canada prévoit réduire le nombre de résidents temporaires, Miller reconnaît le besoin du pays en travailleurs internationaux temporaires pour faire face aux pénuries de main-d’œuvre. Il souligne toutefois que des changements s’imposent pour optimiser le système.

Miller a également rappelé les obligations internationales du Canada d’accueillir des personnes qui fuient la guerre et les persécutions politiques.

Néanmoins, cette règle ne s’appliquera pas aux travailleurs étrangers des secteurs de la construction et de la santé en raison des pénuries criantes de main-d’œuvre dans ces domaines à l’échelle du pays. Ces catégories continueront d’être admises au Canada aux niveaux actuels au moins jusqu’au 31 août.

D’un autre côté, certaines entreprises canadiennes devront réduire leur dépendance aux travailleurs étrangers temporaires d’ici le 1er mai. De plus, elles disposeront d’un délai plus court pour démontrer que ces postes ne pouvaient pas être pourvus par des résidents permanents ou des citoyens canadiens.

Pour ceux qui sont déjà arrivés, tout va bien, mais qu’en est-il de ceux qui envisagent encore de venir ?

Dans le cadre des efforts visant à faciliter la transition des résidents temporaires vers la résidence permanente, il y aura davantage de tirages intérieurs (au pays). Les provinces et territoires participant au Programme des candidats des provinces (PCP) seront invités à faire de même. Cela permettra de réaligner les efforts et d’offrir une opportunité à ceux qui sont déjà installés au pays d’y rester et de contribuer à l’économie.

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En d’autres termes, les tirages du Programme des candidats des provinces (PCP) et, potentiellement, les tirages d’Entrée express pourraient favoriser les candidats qui se trouvent déjà au Canada à titre de résidents temporaires.

Miller a souligné que les résidents temporaires jouent un rôle crucial dans l’économie canadienne et que ces changements reflètent une révision nécessaire des programmes et des mesures d’immigration post-pandémie de COVID-19.

Selon le ministre, le marché du travail se resserre, mais le Canada est parvenu à récupérer 138 % des emplois perdus pendant la pandémie.

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Toujours au sujet de l’immigration au Canada

Le Canada prévoit accueillir 485 000 nouveaux résidents permanents en 2024, un chiffre qui grimpera à 500 000 en 2025 et en 2026. IRCC soutient que le maintien de cette cible permettra de stabiliser la croissance démographique liée à l’immigration, donnant la marge de manœuvre nécessaire au gouvernement fédéral et aux provinces pour soutenir les nouveaux arrivants, tout en équilibrant les besoins de la population déjà établie au pays.

« Nous voulons nous assurer que chaque nouvelle famille et chaque nouveau résident ait du succès et accède aux services dont il a besoin. Notre objectif ultime est d’établir un système d’immigration bien géré, durable et fondé sur les besoins réels », a affirmé Miller.

IRCC a essuyé de vives critiques au cours des derniers mois en raison de niveaux d’immigration records, alors que le Canada traverse une crise du logement abordable et des pressions intenses sur son réseau de santé.

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Dernières réflexions

En somme, les mesures annoncées par le ministre de l’Immigration Marc Miller témoignent d’une prise de conscience urgente face à la crise actuelle que traverse le pays en raison de certaines orientations prises par le gouvernement ces dernières années.

L’inclusion de cibles pour les résidents temporaires dans le Plan des niveaux d’immigration, combinée à l’augmentation des rondes d’invitations au pays pour la résidence permanente, met en lumière le caractère critique du moment ainsi que la nécessité d’équilibrer les besoins économiques du Canada avec la capacité d’accueil et le soutien aux nouveaux arrivants.

J’ai souvent prévenu que les opportunités pourraient commencer à se raréfier à un moment donné, mais mon intention n’est nullement de décourager ceux qui aspirent à s’établir au Canada.

Le monde a connu de profondes transformations depuis la pandémie de COVID-19, et il est aujourd’hui plus exigeant que jamais de concrétiser son projet ici. Cela ne signifie pas pour autant que la situation soit figée. Des pays comme le Canada ont déjà traversé des cycles semblables par le passé, et les paramètres pourraient évoluer à nouveau.

Vous pouvez consulter l’ensemble des informations officielles concernant cette nouvelle politique d’immigration sur la page du gouvernement du Canada en cliquant sur ce lien.

J’espère que ce tour d’horizon vous a été utile. Pour obtenir d’autres conseils pratiques, abonnez-vous à notre infolettre afin de recevoir nos mises à jour sur la vie au Canada et vos premiers pas comme nouvel arrivant.

On se retrouve dans le prochain article! 😉

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Marco Vasconcelos
À propos de l'auteur

Marco Vasconcelos

Brésilien, webmestre et spécialiste du commerce électronique vivant à Montréal depuis 2018. Créateur de Você no Quebec, il partage des conseils pratiques, des astuces de logement et des expériences réelles dans la province pour faciliter l'intégration des nouveaux immigrants.

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