Un rapport révèle l'impact des immigrants temporaires au Québec
Résidents temporaires au Québec : Problème ou solution ?
Bien que les politiques publiques aient facilité l’arrivée d’un nombre sans précédent de résidents temporaires pour répondre aux besoins pressants de main-d’œuvre des entreprises, le rapport soulève deux questions fondamentales.
La première remet en perspective la portée des mesures favorisant l’immigration temporaire dans l’articulation entre dynamiques migratoires et croissance économique.
La seconde, qui en découle directement, met en lumière la pratique consistant à ne comptabiliser que l’immigration permanente dans l’établissement des seuils annuels. Cette approche cloisonnée fausse l’évaluation de l’impact réel des flux migratoires sur la capacité d’accueil et les services publics de la province.
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Explosion de l’immigration temporaire dans la province de Québec
Plusieurs constats abondamment débattus ces derniers mois sont désormais étayés par des chiffres précis. Parmi eux ressort l’augmentation spectaculaire du nombre de détenteurs d’un permis de travail temporaire au Québec, qui est passé de 43 770 en 2015 à 167 435 en 2023.
À cela s’ajoutent 117 745 étudiants internationaux accueillis l’an dernier, ainsi que les demandeurs d’asile, portant le total à 528 034 personnes détenant un statut temporaire. Fait marquant : en 2023, le nombre de résidents temporaires a dépassé celui des résidents permanents admis dans la province.
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Actuellement, les résidents temporaires représentent 1,8 % de la population québécoise, comparativement à 1,9 % pour l’ensemble du Canada. Toutefois, cette croissance démographique rapide a suscité de vifs débats quant à la capacité de la province à fournir des logements suffisants et à assurer l’accès aux services publics essentiels.
Face à cette hausse marquée, les autorités gouvernementales envisagent diverses mesures de resserrement, notamment l’imposition de plafonds sur les permis d’études pour une durée maximale de deux ans.
Cette augmentation découle des programmes publics mis en place pour attirer la main-d’œuvre internationale et offrir aux employeurs un vivier de talents diversifié, dans un contexte de vieillissement démographique, de départs massifs à la retraite et de plans de relance post-pandémie.
Par conséquent, les entreprises ainsi que les établissements d’enseignement postsecondaire ont vu la proportion de travailleurs et d’étudiants étrangers grimper en flèche.
Un soutien global à l’économie
Sur le plan macroéconomique, l’apport de l’immigration demeure indéniable. Elle a permis d’atténuer l’impact des départs à la retraite et de stabiliser le profil démographique. En outre, plusieurs secteurs sous pression, tels que la fabrication (16 % des effectifs), le commerce de gros et de détail (12 %), ainsi que l’hébergement et la restauration (9 %), dépendent étroitement des travailleurs temporaires. De plus, tout en ayant recours aux services publics, les résidents temporaires participent activement à la consommation locale et soutiennent l’économie.
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Néanmoins, les mécanismes actuels pour combler les besoins ciblés des entreprises ne s’avèrent pas toujours optimaux. Par exemple, 59 820 personnes sont arrivées par le biais du Programme des travailleurs étrangers temporaires (PTET), tandis que 107 615 personnes sont passées par le Programme de mobilité internationale (PMI), qui attire davantage de profils hautement qualifiés, sans être nécessairement aligné sur les pénuries sectorielles prioritaires. Malgré cela, ces professionnels qualifiés contribuent au rayonnement international du Québec.
Près de la moitié d’entre eux sont des diplômés d’établissements canadiens qui ont choisi de travailler au Québec, répondant aux critères nécessaires pour obtenir la résidence permanente et réussir leur intégration. En 2023, 75 % des personnes ayant obtenu la résidence permanente à partir d’un statut temporaire au Québec détenaient initialement un permis délivré dans le cadre du PMI.
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Pénuries et défis persistants dans la santé et la construction
Le rapport met toutefois en évidence un paradoxe : malgré cette forte hausse des admissions, des secteurs névralgiques comme la construction, les services sociaux et la santé continuent de faire face à des pénuries chroniques. Par exemple, le PTET demeure très peu sollicité dans le domaine de la santé, alors qu’il est intensivement utilisé en agriculture (représentant 23 % des permis accordés en 2023) ainsi que dans le secteur manufacturier.
Ces disparités s’expliquent en grande partie par « un cadre réglementaire plus complexe et restrictif qui freine le recrutement de professionnels étrangers et la reconnaissance de leurs compétences », selon l’étude. À cet égard, les difficultés de recrutement dans la construction sont nettement plus marquées au Québec qu’en Colombie-Britannique ou en Ontario.
L’Institut du Québec (IDQ) ne fixe pas de seuil d’immigration idéal, mais rappelle qu’une augmentation brute du nombre d’arrivées ne se traduit pas automatiquement par une amélioration du niveau de vie collectif.
Dernières réflexions et pistes d’action
Face à ces enjeux, les auteurs de l’étude formulent plusieurs recommandations en vue d’élaborer des « politiques d’immigration plus cohérentes », notamment :
- Mieux planifier et coordonner l’immigration temporaire : plutôt que de fixer des cibles isolées pour l’immigration permanente, il convient d’harmoniser les différents programmes afin d’assurer une réelle complémentarité entre statuts temporaires et permanents.
- Optimiser la transition du statut temporaire vers la résidence permanente, un parcours qui demeure souvent complexe et incertain.
- Déployer des stratégies ciblées pour répondre aux pénuries dans les secteurs stratégiques prioritaires, comme la santé et la construction, en tenant compte des besoins à long terme du Québec.
- Améliorer la collecte de données sur les résidents temporaires afin d’affiner les analyses d’impact et les prévisions démographiques.
Vous pouvez consulter l’intégralité du rapport en cliquant sur ce lien.
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À très bientôt pour un prochain article ! 😀
Marco Vasconcelos
Brésilien, webmestre et spécialiste du commerce électronique vivant à Montréal depuis 2018. Créateur de Você no Quebec, il partage des conseils pratiques, des astuces de logement et des expériences réelles dans la province pour faciliter l'intégration des nouveaux immigrants.
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