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Ce qu'il faut pour étudier et travailler au Canada
07 mars 2026
Carrière Éducation

Ce qu'il faut pour étudier et travailler au Canada

Pourquoi étudier au Canada ?

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En raison des récentes modifications apportées à la politique d'immigration du Canada, je vous suggère de consulter cet article (Nouvelles règles pour les étudiants internationaux au Canada en 2024 : Résumé) avant de poursuivre votre lecture, étant donné que certaines règles mentionnées ici peuvent avoir été abrogées suite aux nouveaux changements annoncés.

Loin des discours convenus et du blabla habituel que tous les blogs sur l’immigration adorent rabâcher pour expliquer comment étudier et travailler au Canada, je vais aller droit au but. Pour le bien global du projet de toute la famille, le Canada, et plus particulièrement la ville de Montréal dans la province de Québec, était le choix le plus judicieux — même en tenant compte d’un élément qui compliquait mon plan : mon manque de maîtrise du français.

Si vous pensiez que j’allais commencer ce paragraphe en vous enjolivant l’éternelle histoire de l’incroyable qualité de vie que le Canada offre aux étudiants et à leur famille, de ses paysages naturels à couper le souffle et du fait que tout fonctionne à merveille ici, détrompez-vous. D’un autre côté, je ne peux pas être injuste envers cette terre qui m’a accueilli. En réalité, ma vie ici est meilleure que ce à quoi je m’attendais, mais l’hiver est un chapitre à part entière qui mérite toute votre attention avant de prendre une décision.

Pour être tout à fait franc, la seule raison pour laquelle j’ai investi plus de 20 000 $ CA dans un programme de formation technique de 18 mois au Canada, c’était la « possibilité » d’acheter mon laissez-passer vers le marché du travail et notre résidence permanente. Pourquoi avoir choisi cette voie ? C’est simple : nous avions les ressources financières nécessaires, et arriver ici via les programmes d’immigration réguliers après 40 ans — alors que la priorité du gouvernement va aux candidats de 25 à 30 ans — n’est pas une mince affaire. Impossible ? Non, mais cela aurait exigé beaucoup trop d’années de préparation, du temps que ma conjointe et moi n’avions tout simplement plus.

Et rappelez-vous : quand j’ai mis le mot « possibilité » entre guillemets au paragraphe précédent, je ne plaisantais pas. La vérité, c’est que faire des études collégiales au Canada n’est en aucun cas une garantie de réussite. J’ai vu beaucoup de gens débarquer ici avec un budget calculé au sou près et traverser de grosses galères avant de dénicher un véritable emploi. Venez donc l’esprit ouvert et prêt à toute éventualité. Si possible, préparez un plan B : cela m’a énormément aidé à garder les pieds sur terre tout au long du parcours.

Voilà, cartes sur table, passons maintenant au processus lui-même et à ce que vous devez faire pour étudier au Canada. Et rassurez-vous, mon épopée comme étudiant international ne s’arrête pas là : je partagerai d’autres anecdotes et conseils tout au long de l’article.

À propos des permis d’études au Canada

Qu’est-ce qu’un permis d’études canadien ?

Il s’agit d’un document délivré par Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (mieux connu sous le sigle IRCC) à une personne souhaitant venir au Canada pour étudier ou poursuivre des études déjà en cours au pays. Retenez bien cet acronyme, car d’ici à ce que vous obteniez votre résidence permanente (RP), vous allez en entendre parler souvent !

Quelles sont les exigences pour obtenir un permis d’études au Canada ?

Au minimum, vous devez présenter une lettre d’acceptation d’un établissement d’enseignement désigné (EED) et justifier de fonds suffisants (voir ci-dessous). Les documents supplémentaires dépendent de votre situation personnelle. Les critères d’obtention comprennent également le paiement des frais de traitement du permis d’études et la capacité de fournir une preuve de ressources financières suffisantes.

Existe-t-il des cas où le permis d’études n’est pas requis ?

Oui, en règle générale, un permis d’études n’est pas nécessaire si :

  • l’élève fréquente l’éducation préscolaire (enfants qui accompagnent leurs parents) ;
  • vous suivez un programme d’enseignement à distance ;
  • vous suivez des cours d’établissement et d’intégration offerts par un gouvernement provincial ou territorial par le biais de fournisseurs de services d’établissement (y compris les cours de francisation offerts par le gouvernement du Québec, car ils sont considérés par IRCC comme des cours d’intégration et non de simples cours de langue) ;
  • vous suivez des cours en tant qu’auditeur libre (où l’étudiant est autorisé à assister à des cours universitaires sans accumuler de crédits) ;
  • vous suivez des cours inclus dans des forfaits touristiques à titre d’activité secondaire ;
  • vous suivez un programme d’intérêt général qui n’est pas de nature scolaire, professionnelle ou vocationnelle, et qui peut être complété durant la période de séjour autorisée à votre entrée au Canada ; ou
  • vous suivez un cours ou un programme d’études d’une durée de six mois ou moins qui peut être complété durant la période de séjour autorisée.

De plus, certains membres de la famille ou employés privés accompagnant un représentant étranger accrédité par Affaires mondiales Canada, ainsi que des membres des forces armées de certains pays, peuvent être autorisés à étudier pendant plus de six mois sans permis d’études.

Après avoir terminé un programme d’études admissible, les diplômés peuvent être admissibles à l’obtention d’un permis de travail postdiplôme (PTPD).

Quels membres de la famille peuvent accompagner un étudiant au Canada ?

L’époux, l’épouse ou le conjoint de fait accompagnateur peut obtenir un permis de travail ouvert, et les enfants mineurs peuvent fréquenter les écoles primaires et secondaires canadiennes.

Où soumettre votre demande de permis d’études ?

La procédure de soumission de votre demande de permis d’études dépend du pays depuis lequel vous présentez votre demande. Consultez le site officiel du gouvernement canadien pour connaître les démarches selon votre situation.

Permis d’études au Canada : critères d’admissibilité

Pour être admissible à un permis d’études au Canada, le futur étudiant doit :

  • obtenir une lettre d’acceptation d’un EED ;
  • prouver qu’il dispose de fonds suffisants pour payer les droits de scolarité de la première année, ainsi que les frais de subsistance et les frais de transport de retour ;
  • convaincre les agents d’immigration canadiens qu’il quittera le Canada à la fin de la période de séjour autorisée (voir le conseil ci-dessous) ; et
  • être admissible au Canada (un certificat de police / vérification des antécédents judiciaires et/ou un examen médical peuvent être exigés).

Des exigences supplémentaires peuvent s’appliquer selon le profil du demandeur.

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Ce que je vais vous dire peut sembler ironique, mais croyez-moi : vous devez réellement convaincre les agents d'immigration que vous venez étudier au Canada uniquement pour vous perfectionner et que vous rentrerez dans votre pays d'origine à la fin de vos études. Pour cela, votre lettre d'intention doit être extrêmement convaincante et faire tous les liens possibles entre les compétences que vous allez acquérir et vos objectifs professionnels dans votre pays. S'il s'agit d'une reconversion professionnelle, vous devrez redoubler d'efforts dans votre argumentation. Le côté le plus paradoxal de tout cela, c'est qu'une fois diplômé, ils vous accordent un permis de travail pouvant prolonger votre séjour jusqu'à 3 ans ici — le fameux PTPD —, à condition de respecter les critères du programme.

Fonds minimaux requis pour étudier au Canada

Les candidats au permis d’études doivent prouver qu’ils ont les moyens financiers de subvenir à leurs besoins et à ceux des membres de leur famille qui les accompagnent, le cas échéant, pendant leur séjour au Canada.

La preuve de ressources financières peut être apportée au moyen de :

  • relevés bancaires d’au moins 4 mois de votre pays d’origine (les vôtres ou ceux de votre garant financier/sponsor) ;
  • relevés de comptes d’épargne ou de placements pour la même période (les vôtres ou ceux de votre garant) ;
  • preuve d’un compte bancaire canadien à votre nom, si vous avez viré des fonds au Canada ;
  • Certificat de placement garanti (CPG) d’une institution financière canadienne participante ;
  • preuve d’un prêt étudiant ou d’études d’une banque ;
  • preuve que vous avez payé vos droits de scolarité et vos frais de logement ;
  • une lettre de la personne ou de l’établissement qui vous fournit un soutien financier ; et/ou
  • preuve d’un financement versé au Canada, si vous bénéficiez d’une bourse ou d’un programme d’études financé par le Canada.
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Démontrer la possession de biens par le biais de titres de propriété immobilière ou de véhicules ne suffira pas pour votre preuve de capacité financière : les agents d'immigration ne considèrent comme fonds valides que les liquidités bancaires disponibles. En revanche, vous pouvez mentionner votre patrimoine immobilier dans votre pays d'origine pour démontrer vos attaches avec celui-ci dans votre lettre d'intention. Et méfiez-vous des prétendues astuces consistant à contracter un prêt bancaire temporaire ou à emprunter de l'argent à des proches uniquement pour gonfler le solde de vos comptes pendant 4 mois : les agents connaissent parfaitement cette pratique et demandent fréquemment à vérifier votre solde bancaire à votre arrivée à l'aéroport.

Les exigences financières minimales sont détaillées ci-dessous. Les exigences pour les étudiants dont la destination est le Québec diffèrent du reste du Canada.

Fonds minimaux : toutes les provinces sauf le Québec

Personnes qui viennent au CanadaFonds requis par an (en plus des frais de scolarité)Fonds requis par mois (en plus des frais de scolarité)
Vous (l'étudiant)10 000 $833 $
Premier membre de la famille4 000 $333 $
Chaque membre supplémentaire de la famille3 000 $255 $

* En dollars canadiens

Fonds minimaux pour le Québec

Personnes qui viennent au CanadaFonds requis par an (en plus des frais de scolarité)Fonds requis par mois (en plus des frais de scolarité)
Vous (l'étudiant)11 000 $917 $
Premier membre de la famille (18 ans ou plus)5 100 $425 $
Premier membre de la famille (moins de 18 ans)3 800 $317 $
Chaque membre supplémentaire (18 ans ou plus)5 125 $427 $
Chaque membre supplémentaire (moins de 18 ans)1 903 $159 $

* En dollars canadiens

Comme je l’ai déjà expliqué dans un autre article, le processus d’immigration au Québec est différent de celui du reste du Canada.

À LIRE AUSSI : « Pourquoi la province de Québec a sa propre politique d’immigration ? »

Étudier au Québec

Comme la section précédente le suggère, des exigences particulières s’appliquent aux étudiants qui souhaitent fréquenter l’une des nombreuses universités ou l’un des collèges/cégeps de Montréal ou d’ailleurs au Québec.

Dans la grande majorité des cas, les personnes qui souhaitent étudier au Québec doivent d’abord demander et obtenir un Certificat d’acceptation du Québec (CAQ) avant de pouvoir commencer leurs cours. Cela implique des frais supplémentaires et des délais de traitement distincts par rapport aux démarches fédérales habituelles.

Le CAQ est généralement valide pour toute la durée du programme d’études, jusqu’à un maximum de 49 mois, et vous coûtera environ 120 $ CA, en plus des 150 $ CA requis pour la demande de permis d’études fédéral.

Ainsi, la démarche pour étudier au Québec suit l’ordre suivant :

  1. Faire sa demande auprès du collège ou de l’université (en payant les frais d’admission non remboursables, qui varient selon l’établissement, à partir d’environ 150 $ CA) ;
  2. Attendre la lettre d’admission officielle de l’établissement d’enseignement ;
  3. Demander le CAQ dès réception de la lettre d’admission (120 $ CA) ;
  4. Demander le permis d’études canadien une fois le CAQ obtenu (150 $ CA).

De quel budget ai-je besoin pour subvenir à mes besoins pendant mes études au Canada ?

Comme j’ai coutume de le dire, c’est la question à un million de dollars. Pour résumer, mon budget était d’environ 3 500 $ CA par mois entre novembre 2018 et mars 2020, jusqu’à ce que je déniche mon premier emploi au Canada et que nous puissions équilibrer notre budget familial, soulageant ma conjointe et nous évitant de continuer à piger dans nos économies.

Ce budget a permis de faire vivre une famille de 4 personnes (ma conjointe, mes deux filles de 13 ans et moi) dans un petit appartement de deux chambres (4 ½) qui nous coûtait 1 200 $ CA de loyer. Durant cette période, cela nous permettait de payer les factures et de nous offrir des loisirs très simples, comme des sorties au cinéma ou dans des restos rapides. Sortir prendre un verre dans un bar ou fréquenter de bons restaurants a pris un certain temps. À l’époque, le taux de change était bien plus favorable. Aujourd’hui, avec la conjoncture économique actuelle, ce serait un scénario beaucoup plus serré.

Assurance maladie pour les étudiants internationaux au Québec

Le régime d’assurance maladie du Québec permet aux nouveaux arrivants de demander une couverture dès leur arrivée, mais un délai de carence de trois mois s’applique avant que l’inscription soit traitée et que la couverture devienne effective. Malheureusement, les étudiants internationaux ne sont pas admissibles à la RAMQ (à l’exception des étudiants sélectionnés dans le cadre de certains programmes d’ententes ou de bourses du gouvernement du Québec).

La seule façon d’accéder au régime public est de passer d’un permis d’études à un permis de travail lors de l’obtention du PTPD. Une fois votre permis de travail en main, il faudra tout de même respecter le délai de carence. D’ici là, le gouvernement ne vous oblige pas formellement à souscrire une assurance privée, mais vous serez fortement incité à le faire.

Inutile de vous rappeler qu’une facture d’hôpital ici sans couverture peut vous endetter pour des années : économiser sur l’assurance est un calcul très risqué qui peut coûter très cher. De plus, presque tous les établissements d’enseignement exigent une preuve d’assurance santé valide pour vous autoriser à assister aux cours.

À LIRE AUSSI : « Comment demander sa carte d’assurance maladie au Québec (RAMQ) »

Le témoignage d’un étudiant quarantenaire au Québec

Quand on est jeune, on grandit avec le dicton que la vie d’étudiant n’est pas facile. Eh bien, au Canada, cela n’a jamais été aussi vrai pour moi. Retourner sur les bancs d’école dans un pays étranger, au milieu de gens inconnus et sans parler sa langue maternelle, ce n’est pas de tout repos. J’avais choisi d’étudier en anglais, car mon niveau était suffisamment avancé pour suivre les cours, faire les devoirs et passer les examens, mais cela varie énormément d’un programme à l’autre. Dans mon cas, comme j’étais en informatique (TI), les choses étaient facilitées par le fait que nous passions nos journées devant un écran d’ordinateur.

Il en va tout autrement pour ceux qui s’inscrivent dans des formations plus littéraires ou exigeant une maîtrise rédactionnelle pointue. Soyez donc lucide quant à vos compétences linguistiques avant de choisir votre programme si vous n’avez pas eu le temps de vous perfectionner avant de partir. Penser qu’on va maîtriser la langue par magie une fois sur place est un mythe : on ne progresse réellement qu’en prenant le temps d’étudier la grammaire et de faire des exercices. Les discussions informelles en classe ne feront pas de miracles sans travail assidu de votre part.

Ma classe était très diversifiée, et j’ai eu la chance d’y côtoyer d’autres étudiants de ma tranche d’âge venus du Brésil, d’Iran, du Mexique et de Colombie, avec qui j’ai tissé de solides amitiés. Les cours, qui avaient lieu de 8 h 20 à 16 h, étaient parfois épuisants, mais ils ont grandement contribué à parfaire mon anglais.

Et là, vous vous demandez sûrement : et le français dans tout ça ? Tu n’étais pas au Québec ? Eh oui, mes amis ! En plus des rares cours de français dispensés au collège — qui laissaient franchement à désirer —, j’ai commencé à suivre des cours de francisation dès 16 h dans un centre situé près de mon établissement. Après près de 7 heures de cours au collège, je devais encore enchaîner 4 heures de cours de français, 4 soirs par semaine jusqu’à 22 h. Vous vous rappelez ce manque de motivation à étudier les langues avant de partir ? Croyez-moi, réfléchissez-y à deux fois dès aujourd’hui !

Travailler au Québec en tant qu’étudiant international

D’abord, il convient de préciser qu’en tant qu’étudiant international, vous n’étiez autorisé à travailler que jusqu’à 20 heures par semaine (ou à temps plein durant les congés d’été). Bien que le gouvernement ait temporairement assoupli cette règle pour faire face aux pénuries de main-d’œuvre dans certains secteurs, il s’agissait de mesures temporaires.

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Vous ne pourrez faire la transition du travail à temps partiel vers un emploi à temps plein qu'après avoir obtenu votre diplôme, et à condition que votre programme et votre établissement soient admissibles au Permis de travail postdiplôme (PTPD). Portez donc une attention particulière au choix de votre établissement. Vous pouvez vérifier cette admissibilité sur la liste officielle du gouvernement. Selon la durée de votre programme et l'évaluation de l'agent d'immigration, vous pourriez obtenir un permis de travail ouvert d'une durée allant jusqu'à 3 ans. Cela signifie concrètement que vous pouvez occuper n'importe quel emploi pour gagner votre vie durant cette période. Mais attention : seuls certains postes qualifiés sont admissibles pour accumuler l'expérience requise en vue de la résidence permanente. Ne gaspillez pas ce permis dans des emplois peu qualifiés si votre objectif à terme est d'immigrer durablement.

Pour revenir à mon parcours d’immigrant, vous devinez aisément que travailler pendant ma première année d’études était très difficile. Le temps manquait cruellement, mais cela faisait heureusement partie de nos prévisions financières — ce qui n’est pas forcément le cas de tout le monde.

Le quotidien d’un étudiant au Canada peut être très exigeant selon votre situation familiale. Dans mon cas, dormir plus de 6 heures par nuit relevait du luxe : la fin de semaine, je devais participer aux tâches ménagères, faire les lessives à la buanderie de l’immeuble, faire l’épicerie et gérer tout ce que la vie d’immigrant vous impose les premières années. Heureusement, ma conjointe a pu travailler et soutenir financièrement la famille pendant que je terminais mes études.

Si vous surmontez la barrière linguistique avant votre arrivée, travailler pendant vos études est tout à fait envisageable. Les opportunités ne manquent pas, mais soyez prêt à accepter des emplois que vous n’auriez peut-être pas envisagés dans votre pays d’origine.

Après l’obtention de mon diplôme est venu le stage obligatoire, qui m’a permis d’intégrer le marché du travail directement dans mon domaine d’expertise — une vraie chance. L’un des grands atouts d’un solide bagage professionnel préalable est que votre expérience reste valorisable ici (sauf dans certaines professions réglementées ou juridiques). Comme le secteur des TI est très dynamique, ma réinsertion professionnelle s’est faite rapidement. Le plus ironique, c’est que j’ai retrouvé exactement le même type de poste que j’occupais avant, et que la formation technique (celle à plus de 20 000 $) n’a finalement pesé que très peu dans mes perspectives d’emploi au Québec.

C’est là qu’intervient parfois ce petit regret : « Ah, si seulement j’avais su, j’aurais préparé certaines démarches différemment ! » C’est à ce moment précis que j’ai réalisé que j’aurais pu tenter d’obtenir un permis de travail direct plutôt que de payer une telle somme pour étudier. Mais le passé est le passé et, au bout du compte, notre projet a fonctionné. Aucun regret !

Aujourd’hui, à 47 ans, j’occupe déjà mon deuxième emploi en un peu plus de 2 ans en tant que travailleur qualifié au Canada, à un poste de gestion dans mon département — un statut qui me donne toute la confiance nécessaire pour envisager de nouveaux projets. Et pourtant, j’avais débarqué à 43 ans, sans parler français et avec un anglais encore bien imparfait !

Immigrer au Canada en tant qu’étudiant au Québec

Après un an de travail postdiplôme et d’expérience professionnelle dans la catégorie CNP requise pour faire évoluer mon statut, j’ai enfin pu déposer ma demande de résidence permanente. Car jusque-là, nous restions des résidents temporaires en sursis. Quiconque a traversé ce processus connaît bien le sentiment d’incertitude et d’attente qui accompagne ce statut.

À mon époque, le programme d’immigration en vigueur était le Programme de l’expérience québécoise (PEQ). Je ne m’étendrai pas sur ses détails ici, car ce n’est pas l’objet de l’article et les critères évoluent régulièrement.

À ce moment-là, je pouvais présenter une demande soit au titre de mon volet d’études, soit au titre de mon expérience professionnelle dans une profession technique en forte demande (FEER/NOC B). J’ai choisi la voie professionnelle et, en un peu plus de 2 mois, j’ai obtenu le fameux Certificat de sélection du Québec (CSQ) — ce qui signifie, en clair, que vous avez franchi la moitié du chemin vers la résidence permanente canadienne. J’en reparlerai bientôt sur le blogue.

Icône Conseils Précision sur le PEQ
Programme de l'expérience québécoise (PEQ) — Comme la plupart des voies d'immigration québécoises, ce programme permet aux candidats d'obtenir un Certificat de sélection du Québec (CSQ). Une fois le CSQ obtenu, le candidat peut soumettre sa demande officielle de résidence permanente auprès du gouvernement fédéral.
Les candidats au PEQ doivent généralement satisfaire aux conditions suivantes :
* Avoir l'intention de s'établir au Québec pour y occuper un emploi ;
* Avoir séjourné temporairement au Québec avec pour objectif principal d'y étudier ou d'y travailler, tout en respectant les conditions de leur séjour ;
* Démontrer une connaissance du français oral de niveau intermédiaire-avancé (le conjoint accompagnateur doit également démontrer une maîtrise du français) ;
* S'engager à subvenir à ses besoins ainsi qu'à ceux de son conjoint et de ses enfants à charge pour une période minimale de 3 mois ;
* Être âgé d'au moins 18 ans et détenir un passeport valide.

Peut-on réaliser sa démarche d’immigration sans faire appel à un consultant ?

Si vous êtes du genre à ne pas craindre d’éplucher pendant des heures les sites web d’IRCC et du gouvernement du Québec, il est tout à fait possible de piloter votre dossier par vous-même sans l’aide d’un consultant en immigration. Pour ma part, j’ai choisi d’être accompagné par une agence à l’époque en raison de mon âge, mais je connais plusieurs personnes qui ont géré leurs démarches de A à Z avec succès.

La seule réserve concerne les cas complexes ou les refus de visa/certificat antérieurs : contester un refus et communiquer avec les bonnes instances gouvernementales relève du travail de professionnels. Si vous vous trouvez dans cette situation, il est fortement recommandé de recourir aux services d’un représentant autorisé.

En conclusion

Gardez à l’esprit que mon expérience est unique : immigrer par les études est un projet très personnel, et des facteurs comme la sécurité financière, l’âge et le parcours professionnel joueront un rôle déterminant dans votre réussite. Avec des efforts constants et de la détermination, chacun peut y parvenir. J’ai rencontré ici beaucoup de personnes qui sont reparties de zéro ou qui ont complètement réorienté leur carrière, et qui se portent à merveille aujourd’hui après quelques années au pays.

J’ai coutume de dire que le Canada récompense ceux qui sont prêts à faire des sacrifices et à faire preuve de patience. Tout ici prend du temps : du temps pour perfectionner la langue, du temps pour apprivoiser le climat, du temps pour gérer l’éloignement des siens, et du temps pour acquérir de nouvelles compétences — ce qui constitue le quotidien de tout immigrant.

Voilà ce que je voulais partager avec vous aujourd’hui. J’espère que ce retour d’expérience vous sera utile ! Vous voulez d’autres conseils comme ceux-ci ? Abonnez-vous à notre infolettre pour recevoir toutes nos actualités sur la vie au Québec et vos premiers pas en tant que nouvel arrivant.

À bientôt dans le prochain article ! 😉

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Marco Vasconcelos
À propos de l'auteur

Marco Vasconcelos

Brésilien, webmestre et spécialiste du commerce électronique vivant à Montréal depuis 2018. Créateur de Você no Quebec, il partage des conseils pratiques, des astuces de logement et des expériences réelles dans la province pour faciliter l'intégration des nouveaux immigrants.

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