Le recensement canadien révèle que les familles du Québec parlent moins français à la maison
Est-ce la fin du français au Québec?
Plus de la moitié des anglophones vivent dans des ménages multilingues - C’est le constat le plus récent dressé par Statistique Canada, l’organisme responsable du recensement canadien.
Selon Statistique Canada, la proportion de personnes au Québec qui parlent principalement français à la maison continue de baisser au fil des ans. En 2021, 85,5 % des Québécois ont déclaré parler français à la maison au moins régulièrement, selon les données du recensement publiées par l’organisme gouvernemental à la fin de 2022.
En 2016, ce pourcentage était de 87,1 %. Comme l’organisme a également révisé le format de ses questions sur les langues les plus couramment parlées à la maison, il est possible que le résultat ait été influencé.
Je pense qu'il est important de faire une parenthèse ici pour expliquer comment se déroule le recensement au Canada, car j'ai répondu à mon premier questionnaire l'année dernière, après de longues minutes devant mon ordinateur. Après avoir reçu une lettre du gouvernement par la poste, vous accédez au site indiqué et saisissez le code fourni dans la lettre. Ce sont des questions interminables, surtout si vous avez une famille nombreuse et que vous êtes immigrant, la plupart étant à choix multiples. Contrairement au Brésil, ne pas répondre au recensement canadien entraîne une amende de 500 $ CAD. Ainsi, la cohérence des données au Canada est très proche de la réalité, car peu de gens se risquent à payer cette facture. |
Bien que le nombre de personnes qui parlent français (les francophones) à la maison ait augmenté — passant de 6,4 millions en 2016 à 6,5 millions en 2021 — elles représentent désormais 77,5 % des Québécois, soit une baisse de 1,5 point de pourcentage en cinq ans.

Graphique - Proportion de locuteurs de français - Source : Statistique Canada
La proportion de Québécois qui parlent le plus souvent français à la maison à égalité avec une autre langue a légèrement augmenté, passant de 3,3 % en 2016 à 3,5 % en 2021.
Le recensement montre que le français demeure la première langue officielle parlée par plus de 90 % des Québécois. Des chiffres particulièrement élevés ont été enregistrés dans le Bas-Saint-Laurent (91,9 %), en Mauricie (97,9 %) et dans les Laurentides (93,3 %). Toutes ces régions et villes se trouvent dans les régions (l’arrière-pays) de la province.
L’anglais au Québec
L’autre aspect de cette histoire é-t-elle que le nombre d’anglophones dans la province a également augmenté. La proportion de personnes ayant désigné l’anglais como leur première langue officielle parlée a augmenté d’un point de pourcentage pour atteindre 13 % entre 2016 et 2021.
Et pour la première fois, le nombre de personnes au Québec qui citent l’anglais comme leur primeira langue officielle a atteint le cap du million en 2021, selon o relatório. Plus de sept anglophones sur dix (71,7 %) vivaient à Montréal ou en Montérégie (région au sud du Québec, plus proche de la frontière américaine).
Le nombre de Québécois dont la seule première langue officielle est l’anglais a augmenté de 38 000 pour s’établir à 639 000, mais la proportion d’anglophones dans la province est restée relativement stable, passant de 7,5 % en 2016 à 7,6 % en 2021.

Graphique - Proportion de locuteurs d’anglais - Source : Statistique Canada
Près d’une personne sur cinq au Québec (19,2 %) parlait anglais régulièrement à la maison et, parmi elles, plus de la moitié vivaient dans des ménages bilingues ou trilingues. C’est notre cas, puisque le portugais s’ajoute à ce calcul comme troisième langue.
Les facteurs ayant contribué à la hausse du nombre d’anglophones dans la province comprennent les tendances migratoires ainsi que le fait que la population d’expression anglaise du Québec est plus jeune en moyenne, ce qui correspond proportionnellement à un nombre de décès moins élevé.
En 2021, plus de la moitié des Québécois ont déclaré pouvoir tenir une conversation en anglais, un record depuis que le gouvernement a commencé à recueillir des données sur la connaissance des langues officielles en 1901.
La « vaste majorité » de ces personnes ont indiqué qu’elles pouvaient également tenir une conversation en français, selon le rapport de Statistique Canada.
Première langue officielle parlée
À Montréal, 58,4 % de la population a désigné le français comme première langue officielle parlée, tandis que ce pourcentage est de 68,9 % pour la ville voisine de Laval.
Dans presque toutes les régions du Québec, de 2016 à 2021, la proportion de la population ayant déclaré le français comme première langue officielle parlée a diminué, à l’exception de la Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine, qui a enregistré une hausse de 1,1 point de pourcentage.
Les régions affichant les baisses les plus importantes sont le Nord-du-Québec (-3,6 points de pourcentage), Laval (-3 points de pourcentage), l’Outaouais (-2,4 points de pourcentage) et Montréal (-2,4 points de pourcentage).
Le bilinguisme au Québec
Au cours des cinq dernières années, le taux de bilinguisme français-anglais a progressé au Québec, contrairement au reste du Canada. Et ce, même si l’anglais n’est pas une langue officielle de la province, une particularité qui la distingue de tout le reste du Canada.
En 2021, 46,4 % de la population du Québec a déclaré être bilingue, comparativement à 44,5 % en 2016.
Et malgré une augmentation de 53 000 Canadiens bilingues français-anglais, le taux de bilinguisme français-anglais à l’extérieur de la province a fléchi, passant de 9,8 % à 9,5 %.

Graphique - Proportion de locuteurs bilingues - Source : Statistique Canada
Près de six Canadiens bilingues français-anglais sur dix vivent au Québec, une hausse de 1,5 point de pourcentage, selon le rapport.
La proportion de locuteurs bilingues français-anglais était plus élevée chez ceux qui ont déclaré le français comme première langue.
Considérations finales
Comme je l’ai mentionné au début, ces chiffres sont loin d’enthousiasmer les défenseurs de la langue française, mais ils prouvent qu’il est tout à fait possible de vivre au Québec en ne parlant que le bon vieil anglais, à condition de faire quelques concessions au quotidien. Il faut par exemple faire attention à la région et au quartier où l’on s’installe, à la formation que l’on souhaite suivre et au secteur d’activité, car ce ne sont pas tous les postes qui exigent la maîtrise du français. Même si, précisons-le, ils sont rares.
La vérité est qu’avec le temps, tout le monde se rend compte qu’on ne peut pas vivre de nombreuses années ici sans développer la capacité de communiquer en français, du moins pour le strict minimum. Après quelque temps au Québec, on découvre rapidement qu’il y a encore beaucoup de gens qui ne parlent pas anglais et qui n’ont aucune intention de l’apprendre.
Prochainement, je proposerai d’autres articles sur la façon de se préparer pour venir s’installer sans commettre d’erreurs courantes, comme reléguer le français au second plan dans son projet.
Voilà, chers lecteurs, c’est ce que j’avais à dire. J’espère que cela vous aura aidé encore une fois. Inscrivez-vous à notre newsletter pour recevoir des mises à jour sur la vie au Québec et vos premières étapes en tant que nouveau arrivant.
On se retrouve au prochain article ! 😉
Marco Vasconcelos
Brésilien, webmestre et spécialiste du commerce électronique vivant à Montréal depuis 2018. Créateur de Você no Quebec, il partage des conseils pratiques, des astuces de logement et des expériences réelles dans la province pour faciliter l'intégration des nouveaux immigrants.
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