Les défis de s'établir dans une plus petite ville au Canada
Quelques données importantes sur l’immigration au Canada
Historiquement, la grande majorité des nouveaux arrivants ont choisi de s’installer dans les grands centres urbains canadiens. J’en suis moi-même un bon exemple, ayant choisi de m’établir à Montréal, la deuxième plus grande métropole du pays.
Selon les données de Statistique Canada, près des trois quarts (73 %) des immigrants arrivés dans les années 1990 vivaient dans trois grandes régions métropolitaines : Toronto, Vancouver et Montréal. Cette tendance s’est confirmée lors des recensements récents, où plus de la moitié des résidents permanents et nouveaux arrivants continuent de converger vers ces trois grands pôles.
Le choix d’une ville d’établissement dépend de facteurs déterminants : perspectives d’emploi, coût du logement, présence d’un réseau familial ou d’amis, et accès aux établissements scolaires et universitaires.
S’installer dans une grande métropole comme Montréal, Toronto, Vancouver ou Calgary offre un accès direct à un bassin d’emplois très diversifié, à un réseau de transport collectif développé et à de multiples services d’accueil pour les nouveaux arrivants. En contrepartie, le coût du logement et la rareté des logements abordables représentent un défi de taille.
Si vous prévoyez vous installer à Montréal et cherchez des solutions de logement abordables, notre article sur comment trouver un logement moins cher à Montréal pourra grandement vous aider.
Cependant, la vie dans les grandes métropoles ne convient pas nécessairement à tous les profils de familles. Le gouvernement du Canada invite d’ailleurs les futurs résidents à se poser des questions fondamentales :
- Quel style de vie souhaitez-vous offrir à votre famille ?
- Préférez-vous le dynamisme d’une grande ville ou la quiétude d’une communauté à échelle humaine ?
- Quels types d’écoles et d’activités récréatives recherchez-vous ?
Pour vous aider à explorer au-delà des grands centres et faire un choix éclairé, cet article passe en revue les avantages et les défis d’une installation dans une ville de petite ou moyenne taille au Canada.
S’établir dans une ville moyenne ou petite au Canada
Au Canada, les agglomérations de 100 000 à 1 million d’habitants sont généralement considérées comme des villes de taille moyenne, tandis que les localités de moins de 100 000 habitants sont qualifiées de petites villes. À titre de comparaison, la région de Toronto compte environ 3 millions d’habitants (près de 6 millions dans le Grand Toronto), Montréal compte plus de 1,7 million de résidents sur son île (et plus de 4,3 millions dans sa communauté métropolitaine), Calgary compte 1,3 million d’habitants et Vancouver environ 675 000 (plus de 2,6 millions dans le Grand Vancouver).
Exemples de villes canadiennes de taille moyenne
- Québec, Québec
- Gatineau, Québec
- Sherbrooke, Québec
- Trois-Rivières, Québec
- Saguenay, Québec
- Ottawa, Ontario
- Hamilton, Ontario
- London, Ontario
- Kitchener-Waterloo, Ontario
- Halifax, Nouvelle-Écosse
- St. John’s, Terre-Neuve-et-Labrador
- Winnipeg, Manitoba
- Saskatoon, Saskatchewan
- Regina, Saskatchewan
- Victoria, Colombie-Britannique
Exemples de petites villes canadiennes
- Drummondville, Québec
- Saint-Hyacinthe, Québec
- Rimouski, Québec
- Granby, Québec
- Moncton, Nouveau-Brunswick
- Charlottetown, Île-du-Prince-Édouard
- Brandon, Manitoba
- Red Deer, Alberta
- Kelowna, Colombie-Britannique
Pour favoriser un développement économique équilibré des régions, les gouvernements provinciaux et fédéral déploient régulièrement des programmes d’immigration régionale ciblés, tels que le Programme des candidats des provinces (PCP), le Programme d’immigration au Canada atlantique (PICA) ou le Programme pilote d’immigration dans les communautés rurales et du Nord (RNIP).
3 grands avantages de vivre dans une plus petite ville
1. Coût de la vie plus abordable et accès au logement
Le logement représente le poste de dépense le plus important des ménages. Dans les très grandes métropoles canadiennes, les loyers moyens pour un appartement d’une ou deux chambres peuvent facilement atteindre des sommets (plus de 2 000 $ à 2 500 $ CAD par mois à Toronto ou Vancouver).
Dans les villes moyennes ou les régions québécoises, le coût des loyers et le prix d’achat d’une propriété unifamiliale avec terrain demeurent nettement plus accessibles pour une famille en début d’établissement.
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Les municipalités régionales offrent par ailleurs des services scolaires, récréatifs et communautaires de grande qualité, souvent avec moins d’engorgement et des délais d’accès réduits.
2. Qualité de vie, sérénité et proximité de la nature
Vivre en dehors des métropoles signifie des temps de déplacement considérablement réduits au quotidien, l’absence de bouchons interminables et un accès immédiat aux grands espaces naturels, parcs nationaux, sentiers pédestres et centres de ski.
Durant la période récente, de nombreuses familles québécoises et de nouveaux arrivants ont choisi de quitter la densité montréalaise pour s’installer en région, favorisés par l’essor du télétravail et le désir d’offrir plus d’espace à leurs enfants.
3. Moins de compétition sur le marché de l’emploi régional
Face aux départs à la retraite et aux besoins accrus de main-d’œuvre qualifiée, de nombreuses entreprises établies en région recrutent activement dans les secteurs manufacturier, technologique, de la santé, de l’éducation et des services.
Consultez ces données de référence :
Taux de chômage moyen par région au Canada
| Ville / Région | Taux moyen de chômage | Type d'agglomération |
|---|---|---|
| Vancouver, C.-B. | 4,6 % | Grande métropole |
| Montréal, QC | 5,7 % | Grande métropole |
| Toronto, ON | 6,0 % | Grande métropole |
| Calgary, AB | 7,1 % | Grande métropole |
| Victoria, C.-B. | 3,4 % | Taille moyenne |
| Hamilton, ON | 4,4 % | Taille moyenne |
| Whitehorse, YT | 3,5 % | Petite agglomération |
| Yellowknife, T.N.-O. | 4,1 % | Petite agglomération |
Source : Statistique Canada – Enquête sur la population active.
Dans les villes moyennes, un candidat immigrant bien préparé peut souvent décrocher un poste qualifié plus rapidement grâce à la demande soutenue des employeurs régionaux. Il convient toutefois de valider au préalable que votre domaine d’expertise précis est bien représenté dans la région ciblée.
4 défis majeurs d’une installation en petite ville
1. Moins de diversité culturelle et sentiment d’éloignement
Dans les plus petites communautés, la proportion de résidents issus de minorités culturelles est naturellement plus faible que dans les métropoles cosmopolites comme Montréal ou Toronto. Durant les premiers mois, cela peut accentuer l’impression de dépaysement ou d’isolement.
L’accès à certains commerces spécialisés ou épiceries de produits importés d’Amérique latine est également plus limité en région, même si les grandes chaînes de supermarchés proposent de plus en plus de rayons internationaux.
2. Nécessité presque incontournable d’avoir un véhicule automobile
Contrairement à Montréal dotée de son réseau complet de métro et d’autobus, les petites et moyennes villes disposent d’un réseau de transport en commun plus restreint. L’acquisition d’une voiture devient rapidement indispensable pour les trajets quotidiens, l’épicerie et les activités des enfants en hiver.
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3. Bassin plus restreint pour le réseautage et certaines études supérieures
Les événements de réseautage professionnel sont naturellement moins fréquents dans les petites villes qu’au centre-ville de Montréal. De même, les grandes universités offrant des programmes spécialisés dans tous les domaines sont principalement concentrées dans les grands centres urbains.
Le site fédéral Guichet-Emplois (Job Bank) permet de consulter en détail les tendances du marché du travail, les salaires horaires moyens et les perspectives d'embauche par profession et par région administrative au Québec et partout au Canada. |
4. Rigueur du climat et importance de la vie sociale en hiver
L’hiver canadien dure plusieurs mois et s’accompagne de températures sous le point de congélation. Dans une petite municipalité, la vie a tendance à se concentrer à l’intérieur des foyers durant les mois les plus froids. Si vous aimez la vie sociale animée, les sorties culturelles quotidiennes et les spectacles, une grande ville comme Montréal ou Québec offre davantage d’opportunités d’animation hivernale.
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Conclusion
Le Canada et le Québec offrent une multitude de régions accueillantes et dynamiques. Selon vos priorités familiales, votre profession et vos aspirations personnelles, vivre dans une ville à échelle humaine peut représenter un choix de vie exceptionnel pour s’enraciner durablement.
Prenez le temps d’effectuer des recherches approfondies et, si possible, effectuez un voyage exploratoire pour découvrir personnellement la région avant de finaliser votre choix.
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Marco Vasconcelos
Brésilien, webmestre et spécialiste du commerce électronique vivant à Montréal depuis 2018. Créateur de Você no Quebec, il partage des conseils pratiques, des astuces de logement et des expériences réelles dans la province pour faciliter l'intégration des nouveaux immigrants.
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